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La ville de Venise instaure une taxe applicable aux touristes de passage. Un coup d’épée dans l’eau ?C’est donc une « première mondiale », à Venise : les touristes à la journée devront payer un billet d’entrée de cinq euros pour accéder à la Cité des Doges. Une taxe en vigueur pendant 29 jours de grande affluence en 2024. Le maire Luigi Brugnaro espère ainsi endiguer le surtourisme. Voyons le verre à moitié plein : la ville amphibie, qui ne cesse de se dépeupler, prend à bras le corps la question de la surfréquentation. Avec 30 millions de touristes par an, la Sérénissime est devenu un symbole du tourisme de masse. Et loin de fuir ses responsabilités, comme un nombre croissant de destinations étrangères et françaises, Venise cherche des solutions afin de lisser le visitorat dans le temps et dans l’espace. Dans cet esprit, les autorités interdisent déjà les groupes de plus de 25 personnes. Quid de cette nouvelle taxe, applicable à compter du 25 avril ? Le projet, expérimental, vise surtout à dissuader les visiteurs à la journée qui contribuent à engorger la ville. Pourtant, un billet d’entrée au prix d’une bonne glace peut difficilement décourager des visiteurs… Mais supposons un instant que, contrairement à ce que je viens de dire, un tel mécanisme se révèle efficace. Qu’il encourage justement les personnes à prolonger leur venue. La taxe aurait alors pour conséquence d’inciter les visiteurs à rester non pas une journée, mais deux ou trois jours sur des périodes – rappelons-le – de forte affluence. Autrement dit, elle aurait alors l’effet inverse de celui escompté. La taxe à Venise pourrait avoir l’effet inverse de celui escompté. Car n’oublions pas un point essentiel : la ville refuse de fixer un plafond de billets vendus par jour. « Nous sommes opposés au numerus clausus. Sinon nous ne sommes plus une ville mais un musée », estime Luigi Brugnaro. N’en déplaise au maire, Venise est déjà qualifiée de ville-musée. Et quand en France la calanque de Sugiton, l’île de Porquerolles ou celle de Bréhat mettent en place une réservation obligatoire avec un numerus clausus – une jauge – personne ne les qualifie de musées. L’opinion publique a bien accepté, en général, ce levier destiné à mieux contrôler l’impact de notre empreinte sur l’environnement et les populations locales. Chose certaine, la taxe vénitienne génèrera des revenus additionnels qui – espérons-le – seront fléchés vers des solutions pour améliorer la qualité de vie des habitants et l’expérience des visiteurs. La Sérénissime a besoin qu’on prenne un grand soin d’elle. Son écrin de chefs-d’oeuvre, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, également. Un vrai aimant à voyageurs. Comme le dit si bien la navigatrice et écrivaine Isabelle Autissier dans son roman Le naufrage de Venise, envers et contre tout, « Venise époustoufle, elle intrigue, elle affole, elle fascine ». Linda Lainé, rédactrice en chef @Linda_Laine

C’est donc une « première mondiale », à Venise : les touristes à la journée devront payer un billet d’entrée de cinq euros pour accéder à la Cité des Doges. Une taxe en vigueur pendant 29 jours de grande affluence en 2024. Le maire Luigi Brugnaro espère ainsi endiguer le surtourisme.

Voyons le verre à moitié plein : la ville amphibie, qui ne cesse de se dépeupler, prend à bras le corps la question de la surfréquentation. Avec 30 millions de touristes par an, la Sérénissime est devenu un symbole du tourisme de masse. Et loin de fuir ses responsabilités, comme un nombre croissant de destinations étrangères et françaises, Venise cherche des solutions afin de lisser le visitorat dans le temps et dans l’espace. Dans cet esprit, les autorités interdisent déjà les groupes de plus de 25 personnes.

Quid de cette nouvelle taxe, applicable à compter du 25 avril ? Le projet, expérimental, vise surtout à dissuader les visiteurs à la journée qui contribuent à engorger la ville. Pourtant, un billet d’entrée au prix d’une bonne glace peut difficilement décourager des visiteurs… Mais supposons un instant que, contrairement à ce que je viens de dire, un tel mécanisme se révèle efficace. Qu’il encourage justement les personnes à prolonger leur venue. La taxe aurait alors pour conséquence d’inciter les visiteurs à rester non pas une journée, mais deux ou trois jours sur des périodes – rappelons-le – de forte affluence. Autrement dit, elle aurait alors l’effet inverse de celui escompté.

La taxe à Venise pourrait avoir l’effet inverse de celui escompté.

Car n’oublions pas un point essentiel : la ville refuse de fixer un plafond de billets vendus par jour. « Nous sommes opposés au numerus clausus. Sinon nous ne sommes plus une ville mais un musée », estime Luigi Brugnaro.

N’en déplaise au maire, Venise est déjà qualifiée de ville-musée. Et quand en France la calanque de Sugiton, l’île de Porquerolles ou celle de Bréhat mettent en place une réservation obligatoire avec un numerus clausus – une jauge – personne ne les qualifie de musées. L’opinion publique a bien accepté, en général, ce levier destiné à mieux contrôler l’impact de notre empreinte sur l’environnement et les populations locales.

Chose certaine, la taxe vénitienne génèrera des revenus additionnels qui – espérons-le – seront fléchés vers des solutions pour améliorer la qualité de vie des habitants et l’expérience des visiteurs. La Sérénissime a besoin qu’on prenne un grand soin d’elle. Son écrin de chefs-d’oeuvre, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, également. Un vrai aimant à voyageurs. Comme le dit si bien la navigatrice et écrivaine Isabelle Autissier dans son roman Le naufrage de Venise, envers et contre tout, « Venise époustoufle, elle intrigue, elle affole, elle fascine ».

Linda Lainé, rédactrice en chef

@Linda_Laine

[L’ÉDITO DE LINDA] Venise : une taxe touristique pour (presque) rien (lechotouristique.com)

Avr. 08, 2024

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